La réforme de la PACES : que faire avant la rentrée 2019 ?

By 19 février 2019 PACES

Dans le cadre d’une réforme globale du système de santé, la ministre de la Santé avait annoncé, en septembre 2018, de profondes modifications des études de santé. Avec la réforme de l’internat et la disparition du concours infirmier, c’est donc au tour de la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé) de connaitre un important chamboulement. La réforme s’inscrit dans le cadre d’une réflexion qui vise à enrayer le mal-être des étudiants, confrontés à l’échec, la solitude ou la dépression. Elle a pour objet également d’apporter une réponse à la nécessité de diversifier les profils recrutés pour les études de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique. «Le défi est d’allier une grande qualité de formation professionnelle, une diversité des profils, et la sélectivité nécessaire», avait déclaré le président de la Conférence nationale des doyens de médecine, Jean Sibilia.

Quels changements à la PACES ?

Plusieurs changements majeurs sont annoncés, même si les dernières précisions ne sont pas encore connues. La réforme porte pour l’instant sur les filières médecine, pharmacie, dentaire et sage-femme. Actuellement, aucune précision n’a été donné pour les filières paramédicales (kinésithérapie, ergothérapie, psychomotricité, podologie et radiologie). Une loi doit donner toute les précisions pour la rentrée 2019.

La fin du redoublement est une des annonces les plus importantes. L’objectif est de réorienter rapidement les élèves ayant validé leur année mais non admis au classement. L’impossibilité de redoubler vient considérablement changer la donne : 75 à 80% des lauréats en PACES sont des doublants, les étudiants qui valident leur PACES l’année qui suit directement le baccalauréat ne sont qu’une minorité. La pression va se retrouver décalée dans le temps sur l’année de Terminale, voire même de Première.

La mise en place de Portail Santé est l’autre grande nouveauté : après le bac, un étudiant qui voudrait faire des études de médecine aura deux grandes options : une licence ou un Portail santé. Le Portail santé sera accessible sur ParcourSup, avec une capacité d’accueil qui sera définie et qui représentera 60% des places. En ce qui concerne le programme, il reprendra un certain nombre d’éléments, en particulier en biologie, physique ou chimie mais aussi en sciences humaines, qui font aujourd’hui partie du programme de la Paces. Une partie du programme devra être identifiable comme une mineure, pour permettre à un étudiant de préparer une éventuelle orientation vers une autre filière que les filières santé, en cas d’échec aux épreuves de sélection. L’autre possibilité d’intégrer les études de santé consiste à avoir une année de licence validée, voire deux (40% des places). L’option d’une entrée après la troisième année sera sans doute une option très minoritaire mais cette voie d’entrée sera possible aussi bien pour ceux qui ont échoué après une année de Portail santé, que pour ceux qui ont choisi d’emblée le cursus licence avec mineure santé. Toutes les licences n’ouvriront pas la possibilité de poursuivre des études de santé, cela dépendra de l’offre de licence des universités, et un certain nombre de choses seront au choix des responsables des différentes filières médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie. Le texte en cours de préparation dit qu’il est possible que certaines filières choisissent préférentiellement certaines licences et pas d’autres.

La fin du numerus clausus a été annoncé mais reste floue car le nombre de place dans les filières de santé reste limité. Les capacités d’accueil ne sont pas extensibles à l’infini. La suppression du numerus clausus risque peu de bouleverser la sélectivité des filières. Toutefois, le réforme va permettre de modifier les modalités d’épreuves et en finir avec le « tout QCM » : contrôle continu et épreuves orales ont été annoncées. Il faut toutefois noter que l’année de transition, le numerus clausus pourra être augmenté afin de préserver les chances de réussite et qu’elles soient proches de ce qu’elles auraient pu être en l’absence de réforme de la PACES.

Une grande incertitude plane toutefois sur la faisabilité de la réforme dans des délais aussi courts. Il faut espérer que les étudiants ne fassent pas les frais d’une réforme précipitée.

concours paces Bordeaux preparation

Vue du parc des Expositions de Bordeaux Lac pendant le concours PACES – Crédits photo : Sud Ouest

Comment anticiper une année compliquée ?

Avec l’impossibilité de redoubler et une forme de sélection maintenue, l’idée de vouloir réduire le mal-être des étudiants est loin de se réaliser. La réforme risque grandement de masquer les difficultés en les évacuant vers d’autres zones : la pression se fera plus tôt au lycée ou dans les réorientations imposées par la suite en cas d’échec. Il devient donc important d’anticiper un certains nombres de points pour éviter de se retrouver en difficulté l’année fatidique. Voici quelques conseils pour éviter les déconvenues lors de votre arrivée dans l’enseignement supérieur.

L’hygiène de vie est le premier point sur lequel il convient d’insister. Une des caractéristiques communes aux élèves ayant réussi du premier coup se situe dans la bonne hygiène de vie observée chez ces élèves. « Je mangeais à heure fixe, je faisais mes pauses à intervalles réguliers, je faisais un peu de sport, je ne sortais pas trop pour ne pas dire pas du tout et je me couchais tous les soirs à 22h00 », explique Nicolas NOCART, co-fondateur de l’Institut Major, aujourd’hui gynécologue-obstétricien, lauréat du concours en primant et classé dans les 10 premiers du concours. Il convient dès le lycée de poser ces bonnes habitudes le plus tôt possible, en limitant par ailleurs l’usage des réseaux sociaux et des écrans en général, notamment le soir.

Les méthodes de travail du lycée sont à repenser entièrement. Souvent construites autour du bachotage, du fichage et du volume de travail quand il y a urgence, les méthodes de travail du lycéen classique sont complètement inadaptées à l’enseignement supérieur. « Les élèves utilisent les mauvais curseurs pour travailler. Ils s’imposent des rythmes de travail incohérents alors que leur temps est par essence limité, sans jamais s’interroger sur les questions de concentration et d’organisation, qui permettent d’être bien plus efficace à volume de travail équivalent », continue d’expliquer Nicolas NOCART. Les séances de travail BAC+PACES mises en place à l’Institut s’inspirent de ce constat et visent à accompagner les élèves de Terminales pour construire de solides méthodes de travail.

La motivation doit absolument être préservée tout au long de l’année de PACES. Cette année difficile doit être vue comme un marathon et non comme un sprint. « Il ne faut absolument pas rester seul, c’est une terrible erreur. J’ai fait une prépa où on était peu nombreux mais où il y avait une forte solidarité, c’est ce qui m’a permis de tenir et de réussir du premier coup », confie Nicolas NOCART, « c’est l’esprit d’ailleurs que nous avons reproduit à l’Institut Major quand mon frère Alexandre et moi l’avons créé. La prépa doit être un lieu où on se sent bien pour bien travailler, c’est indispensable. Toute autre atmosphère serait dangereuse : trop d’étudiants souffrent de leur PACES, on ne peut pas réussir dans ces conditions. »

Il est important dans le cadre d’une année d’études décisive d’être bien informé et d’anticiper le maximum d’aspects. N’hésitez pas à nous contacter. Vous trouverez également les informations sur notre préparation PACES ici.

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